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Le supermarché peut-il être sexy ?

Le supermarché, aux dernières nouvelles, ce n'était pas sexy, pas sexy du tout même. C'est vrai que si vous avez en tête les jolies petites épiceries désuètes, les poissonniers, les bouchers...

Le supermarché, aux dernières nouvelles, ce n’était pas sexy, pas sexy du tout même. C’est vrai que si vous avez en tête les jolies petites épiceries désuètes, les poissonniers, les bouchers, les maraîchers et autres commerçants qui vous appellent par votre prénom et savent, à peine votre pied aura-t-il foulé le seuil de la boutique, que le samedi, c’est gigot d’agneau pour 4, vous risquez d’être déçus en arrivant chez Carouf.

Dans les années 60, le supermarché a pourtant révolutionné nos façons d’acheter : tous les produits en un seul endroit et en libre service, cela voulait avant tout dire « plus pratique » et « plus rapide » mais aussi  « moins cher ». Alors pourquoi un tel désamour ? Que fuyons nous exactement et surtout en quoi le supermarché se transforme-t-il aujourd’hui pour ne pas nous faire délaisser tout à fait les rayons au profit des AMAP, des marchés de proximité ou des fameuses courses en ligne et autres « drive » ?

Cette sculpture de Duane Hanson ne fait pas de la pub à la grande distribution, on est d’accord. Elle dégoûte, fait rire et fait peur en même temps. Le cadis de l’acheteuse et son corps se répondent, ils débordent et sentent tous les deux l’arrêt cardio-vasculaire à plein nez, ils disent « années 80 » et « consommation de masse » – on est loin du duo bobo gagnant yoga/quinoa – ils nous rappellent enfin à tous les clichés sur la mal-bouffe, l’industrialisation, la viande de cheval, tout ça.

Le supermarché n’est pas sexy parce que, oui, on a l’air de moutons égarés quand on cherche désespérément les céréales après avoir dépassé les quatre rayons de yaourt (2 fois) mais surtout parce qu’il n’a pas l’air de nous faire du bien.

Que doit-on réhabiliter, réparer même, pour pouvoir retrouver paisiblement la route des rayons ?

Affaire à suivre…

 

Je ne résiste pas à la tentation de vous la mettre en entier 🙂

supermarket lady duane hanson
Duane Hanson, Supermarket Lady, 1969

 

4 comments on “Le supermarché peut-il être sexy ?

  1. Peut-être parce qu’aujourd’hui un supermarché est de plus en plus associé à « produits de moins bonne qualité et moins bons pour la santé » ? Parce que le consommateur n’est plus acteur de sa liste de course mais incité à être impulsif dans les rayons ? A l’inverse du coup des petits commerces de bouches mentionnés (boucherie, fromagerie, primeur) qui, étant spécialisés, sont visités pour un achat bien précis et donnent donc au consommateur l’impression d’abord d’être acteur de ses choix, et ensuite de consommer des produits plus sains et plus qualitatifs (circuits courts, marketing du « petit producteur », etc.)

    Merci en tout cas pour ce bel article !

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    • C’est vrai que le fait de pouvoir être conseillé dans les commerces de proximité est agréable – même si, à bien y réfléchir, il y a parfois un boucher et un fromager dans les supermarchés.

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  2. Tiens, c’est vrai.

    Sur ce qui déborde, qui crie accident cardiovasculaire : ça me rappelle le post d’une fille qui était vegan et achetait bio. Elle s’était lancé comme nouveau défi de manger plus sainement – elle expliquait qu’on pouvait être vegan et faire frire plein de trucs dans l’huile, saupoudrer ses desserts d’une montagne de sucre, bref manger trop gras, trop sucré, manger mal.
    Ça cassait l’association habituelle « je mange bio je mange sain », « je mange vegan je mange frugal ». Bref, ça m’a rappelé que je pouvais faire mes courses dans une AMAP et ne pas avoir pour autant une alimentation plus équilibrée.

    Sur le supermarché : ma méfiance vient de l’impression que je ne sais plus trop ce que j’achète. J’ai lu que de mauvais morceaux de viande, qu’on ne donnerait pas aux animaux, étaient hachés et intégrés à des plats tout prêts, et puis on ajoute du sirop de glucose et divers autres noms cryptiques, et au final j’ai l’impression d’être une poubelle qui mange toute sorte de cochonneries. J’ai aussi été marquée par ces images de fruits verts qui murissent dans des entrepôts après avoir été cueillis trop tôt. Ça casse mon imaginaire du bel arbre portant ses fruits qui se gorgent de soleil.
    Voilà, c’est une vision caricaturale, qui nourrit en tout cas mes appréhensions (même si je suis ravie de pouvoir trouver à toute heure mes citrons à Carrefour).

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  3. Ping : Des magasins qui changent tout ! #1 Despar Teatro Italia – Follow BILBAO

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